Améliorer la qualité de la prise en charge des patients

Lors de la rencontre du 14 octobre 2014 où donateurs à la Fondation Après-Tout, bénéficiaires et curieux ont pu se retrouver, Camille Coutin a témoigné…

Je suis infirmière dans un centre de dialyse depuis 6 ans. La dialyse est un traitement qui se fait en hospitalisation ambulatoire où les personnes souffrant d’insuffisance rénale sont reliées à une machine trois fois par semaine, pendant 4h, pour filtrer leur sang, à la place des reins.

Depuis deux ans, je suis une formation d’ « animateur d’activités corporelles dans le cadre sanitaire et social », grâce à la Fondation Après-Tout.

En effet afin d’aider au mieux les patients dans la connaissance de leur maladie, il a été mis en place dans le service, un programme d’éducation du patient. C’est dans ce cadre qu’est venue l’idée de proposer aux patients des séances, pour les sensibiliser à l’importance de se mobiliser malgré leur insuffisance rénale et sa dialyse. Les patients insuffisants rénaux sont très souvent fatigués par le traitement et la perte de protéines qu’il induit, avec une fonte musculaire. Ils perdent l’envie de se mobiliser. Ce qui entraîne souvent le cercle vicieux : « Moins je marche, moins j’ai envie de marcher, et plus j’ai peur de tomber quand je marche. Donc, je ne marche plus ».

Ils en arrivent alors à se réduire à leur maladie et au traitement associé, en oubliant tout le reste de leur identité.

Aussi afin de conserver le maximum d’autonomie, il semblait important de proposer des activités physiques au patient en fonction de ses capacités. Cela a commencé par des séances de vélo adapté, placé au bout du relax des patients. Ils pédalent entre 10 à 45 min par dialyse. Au départ, cela leur a semblé un peu curieux. Il n’y avait qu’une petite dizaine de candidats. Puis, peu à peu, cela a eu un effet boule de neige et le nombre de patients a augmenté. Avec le temps, l’intensité et la durée du temps de pédalage ont été plus importants pour les patients, voyant qu’ils prenaient plaisir à bouger et à se sentir mieux pendant la dialyse. Avec l’aide d’une stagiaire, ont aussi été mises en place depuis un an des activités de mobilisation à l’aide de ballon en mousse, d’haltères au niveau des jambes. Il est très beau de voir comment cela aide les patients à retrouver une meilleure estime d’eux-mêmes. Ils se mettent à parler des sports qu’ils pratiquaient plus jeunes. L’un s’est acheté un podomètre pour compter le nombre de pas qu’il fait et essayer de l’augmenter. Un autre se déplace avec un déambulateur pour aller chez le boulanger, alors qu’il ne le faisait plus auparavant. Ils se « réduisent » moins à leur maladie.

Tout cela n’est pas allé de soi dans le service puisqu’il a fallu « faire ses preuves » au niveau des collègues de l’équipe, qui voyaient l’installation du vélo comme une charge supplémentaire de travail et ne comprenaient pas forcément l’intérêt de l’activité physique pour les patients. La surveillante elle-même s’est vue sollicitée par les patients, demandeurs de savoir qui allaient leur mettre le vélo, et il y a aujourd’hui plus de volonté de la part des infirmières pour le mettre en place. Avec la diététicienne a été proposé aussi un atelier de sensibilisation à un bon apport en protéines en lien avec l’activité physique, afin de maintenir et renforcer l’état musculaire. Et nous travaillons aujourd’hui sur un atelier de « prévention des chutes », pour les patients les plus âgés. C’est l’ensemble de la manière de concevoir le travail en dialyse qui évolue peu à peu. Le patient n’est plus « seulement une personne que je pique sur sa fistule et que je surveille pendant 4h avant de le débrancher » ; il est une personne à part entière qui peut être davantage actrice de son traitement.

Le fait de proposer une activité physique permet également une détente de l’équipe et des patients qui se ressent positivement sur la qualité des soins. Les patients remontent aux médecins leur plaisir de bouger et les médecins sont désireux aussi que davantage de patients puissent bénéficier de ces séances.

A titre personnel, la formation que j’ai la chance de suivre m’enrichit beaucoup, par la diversité des modules auxquels je participe (sur la construction et la mise en place d’un projet thérapeutique, sur l’apprentissage de l’animation d‘activités corporelles adaptées en fonction de chaque population, sur la gestion de la violence et de l’agressivité possibles de patients…) et par tous les échanges que je peux avoir avec mes collègues de formation venant de tous types de structures hospitalières.

Aussi je remercie vivement tous les membres de la Fondation Après-Tout et tous les bienfaiteurs qui me donnent cette chance d’aider à améliorer la qualité de la prise en charge des patients de mon service avec le reste de l’équipe.


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