La dépendance des personnes âgées : quels enjeux ?

La part du financement de l’Etat dans la dépendance ne cesse de diminuer d’année en année. Ce sont les collectivités locales qui prennent le relais avec comme objectif politique de ne pas accroître la fiscalité. D’où le projet de réforme du financement de la dépendance.

Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), le nombre de personnes âgées dépendantes devrait augmenter en moyenne de 1% par an jusqu’en 2040 (soit 1,5 million de personnes).

Des incertitudes existent sur l’évolution de l’état de santé de la population et sur les progrès de la médecine (notamment dans le traitement de la maladie d’Alzheimer). Mais les épidémiologistes annoncent 50% de la population âgée de 85 ans ou plus atteinte de la maladie d’Alzheimer et de troubles apparentés.

Différentes possibilités d’accueil existent pour ces personnes

-  L’hospitalisation temporaire ou de longue durée

Aux Hospices Civils de Lyon, 25% des lits sont purement gériatriques, qu’il s’agisse de médecine, de soins de suite ou d’hébergement. A l’hôpital, la prise en charge de la dépendance se heurte :
— à la tarification à l’activité (T2A) et à la durée moyenne de séjour (DMS). En clair, les personnes âgées dépendantes coûtent cher.
— aux difficultés à trouver les moyens de sortie adéquats liées aux difficultés de partenariats avec les services extérieurs, en particulier pour les bénéficiaires de l’aide sociale. Il y a de nombreux établissements d’accueil de personnes âgées dans le Rhône mais ils contingentent l’accueil des bénéficiaires de l’aide sociale qui restent donc à l’hôpital.

-  Le maintien à domicile dont l’organisation est d’une énorme complexité

— Complexité de la coordination des aides à domicile : on a compté 89 métiers avec des statuts différents ! Ces intervenants à domicile n’ont souvent aucune formation (surtout lorsque la personne aidée est l’employeur), ce qui engendre de la souffrance au travail voire de l’épuisement, d’autant plus que ces intervenants sont mal payés et n’ont pas de reconnaissance.

— Difficulté pour les aidants de connaître des dispositifs très complexes. Il faudrait regrouper en un même lieu une documentation et des professionnels au clair sur les dispositifs existants. C’était l’objet des Centres Locaux d’Information et de Coordination, mission des Conseils généraux.

— Coût important pour les familles avec un « reste à charge » qui peut être élevé. La Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) participe au financement de la dépendance des personnes âgées mais surtout dans le cadre du plan Alzheimer.

— En cas de maladie d’Alzheimer, la situation est parfois tellement compliquée que la famille s’épuise et finit par craquer.

-  Lorsque le domicile n’est pas possible, il y a la solution de l’EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes)

L’accès à la filière gériatrique peut être facilité par le passage aux Urgences (d’où le nombre important de personnes âgées aux Urgences). Alors que les services de soins de longue durée accueillent des patients ayant besoin de soins médico-techniques importants, les EHPAD accueillent tous les autres patients. L’allocation personnalisée d’autonomie est le double à domicile de ce qu’elle est en hébergement.

La dépendance constitue un risque à prévenir et à financer

Dans le rapport Valérie Rosso-Debord (Députée UMP de Meurthe et Moselle), différentes propositions de financement existent : appel à la solidarité nationale par la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale, augmentation de la CSG des retraités pour l’aligner sur celle des actifs, création d’un recours sur succession, mise en place d’assurances privées, durcissement des critères d’attribution de l’allocation personnalisée d’autonomie.

Mais la dépendance n’est pas toujours une difficulté

On a trop tendance à faire du débat sur la dépendance une affaire marchande, en oubliant les personnes alors qu’elles ont quelque chose à dire et à apporter à la société.

— Les personnes dépendantes ne font pas que coûter ; elles sont aussi une chance en raison des emplois qu’elles génèrent mais aussi des innovations techniques possibles en termes de domotique (aménagement du domicile) et de robotique - en sachant que la dépendance, c’est aussi du temps humain non substituable par des machines.

— Elles nous amènent à penser qu’un jour nous pouvons, nous aussi, être dépendants. Comment nous préparons-nous ? Y compris financièrement, en épargnant ou en contractant une assurance ?

— La dernière étape de la vie qui est celle du grand âge est un appel à la solidarité. Elle permet de mesurer les valeurs d’une société. « La pleine réussite des ces dernières étapes de la vie grandit la société ; elle lui offre un trésor de solidarité. »


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